Championne De France De Duathon Long Distance

WAHOOO!!!!!!!! Trois ans que j'essaie de gagner le mythique Duathlon du Val d'Aran. Et cette année, à cette occasion, c’étaient également les CHAMPIONNATS DE FRANCE.

Pour les deux dernières éditions, j’avais terminé 2éme et 3éme, souvent battue dans la deuxieme course à pied, ce qui a fini par me hanter.

Donc, cette année je me suis fixé pour objectif de gagner et j’ai trouvé le vélo pour cela : un TREK MADONNE. Un véritable bijou en montagne et super confortable, un « Garmin » pour enregistrer tout le côté course, montée, descente : il surveille mes points faibles.

Après quatre mois de coupure cet hiver à cause des fractures de fatigue au tibia, j’ai enfin compris que je ne pourrais plus courir à pied comme je pouvais rouler à vélo, c’est à dire sur le bitume et tous les jours. Je privilégie désormais les sols mous pour courir, j’ai des terrains type « Trails » à côté de chez moi.

Je ne peux pas courir tous les jours. Je peux le faire deux voire trois jours successifs, mais suivant les distances et les difficultés, j'alterne avec des bonnes séances de vélo et tout va mieux. Cette année, comme je voulais apprendre à connaître ma nouvelle bécane, je l’ai emmenée faire des cyclo-sportives longues et douloureuses, pour me tester. De la « Passageoise » à la « Pyrénéenne » en passant par des courses masculines en UFOLEP, et l’Etape du Tour, j'étais toujours bien placée et j'en ai gagné quelques unes Donc de là, j’ai attaqué avec un trail de 22 Kms à St Caprais. J’ai commencé au fond de la classe avec l'idée de juste voir comment je me sentirais et dans les derniers 2 Kms, me voilà 2éme avec la première en ligne de mire. Je fini deuxième a quelques secondes…J’ai continué mes efforts en faisant une très belle épreuve VTT et course à pied à Gagnac, dans la Haute Garonne. J’enchaînais avec le duathlon du Tourmalet, pour finir par « L’étape du Tour », où je n’ai jamais eu aussi froid sur un vélo de ma vie !

Arrive enfin le Val d'Aran.

La veille avec Philippe, on a trouvé des bonbons « Lite » et j'en ai profité, avec gourmandise... dans la nuit et le lendemain matin, j'avais presque la gastro ! Je me suis levée à 6h, sans avoir l’âme d’une combattante et je n’ai pu avaler qu'une gel « maison » et un peu de thé. Bref, j’ai fais avec et on est parti...

Une fois sur la ligne, je me concentre et c’est parti pour une montée de 12,5 Kms en forêt autour du petit village de Melles. De suite, je ne me sens pas bien et je me vomis dessus : « Chouette ça commence bien » !

Au km 3, beaucoup de gens me doublent en m'encouragent et je me dis : « Fais demi tour, tu en fais trop, ça fait trois semaines déjà que tu es sur le fil du rasoir entre forme et malade...vas-y rentre ». L'autre côté de mon cerveau me dis : « Philippe s’est levé à 6h lui aussi et tu as des sponsors, les organisateurs sont toujours sympas avec toi... au moins prends le vélo et vois ce que tu peux faire ».

Je continue, scotcher sur les sentiers et vraiment pas bien du tout. Pas de souffle, pas de force, sans appui....

J'arrive au parc à vélo et je pleure. Je mets le casque, les chaussures, je cours vers la sortie...

Je commence à me faire des paris : « Si je rattrape dix filles en haut du premier col, je continue et si je suis en tête sur le retour on y va, si non demi tour »

Philippe me dit que je suis 15éme à 8 minutes... je pense que c’est cuit. Entre Fos et Saint Béat, je double deux femmes, me voilà 13éme et je me dis : « Bon, bas-toi pour être dans les 10 ».

Je continue et je double encore quatre femmes, je suis 9éme. Devant moi, je vois encore trois femmes et j'y vais...en haut du Menté, je suis 4éme et la

3éme n’est pas loin....Je veux me battre désormais pour être sur le podium à l’arrivée. Je pense que les deux premières doivent être très très loin....Après le col de Bourette, je double un paquet d'hommes qui ont tout donné en course à pied et qui paient leurs efforts sur la montée. Je vois les premiers hommes qui reviennent de Mon Caump, où l’on fait un demi tour en forme de boucle. Depuis le temps que je fais cette course, je connais les bénévoles et ils m’encouragent, beaucoup me voient passer à l'aller un peu dépiter et pense aussi que ma course est cuite... Au pied du col de Menté, au retour j'aperçois la 2éme femme !!! Waouh! Je n'y crois pas et me dis que je peux faire 2eme encore! Je n’y crois pas trop mais si je pousse un peu, en en gardant sous la pédale, qui sait ? Et c’est là que je me dis : « Il y a une chance que les autres, me voyant si mal ont puisé dans leur force sur le vélo....à voir ? ».

J'entends quelqu'un me crier dessus : la première n’est qu'à 3 minutes....3 minutes c’est beaucoup et rien...je remets une dent et je fonce... j'entends un autre au bord de la route qui me dis : 1'30'', elle est juste là !

J'y vais et je la vois : Sylvie Quittot, Championne de France en titre et vainqueur sortante du Val d'Aran. J'accélère pour la doubler et garder mon allure car il reste encore 6 Kms à monter....Je suis en tête mais je me dis que si je n'arrive pas à la deuxième transition avec au moins 4 minutes d'avance c'est archi cuit. J'avale mes derniers gels, je bois, et c’est parti pour la descente. Il y a de la brume et j'ai failli manquer un virage....wahou, j'ai eu chaud !

Entre St Beat et Fos, une crampe « interspatiale » m'empêche de pédaler, j'ai tellement mal, je hurle et un mec qui me double me regarde comme si j’étais folle....c’est possible. Je me reprends et je fonce jusqu’à la transition... à peine 4 minutes d'avance....je range mon TREK et j'essaie, avec toute la peine du monde, de mettre mes chaussures. J'appuie mon talon pour rentrer mon pied et j’ai une crampe qui va du mollet jusqu’au bout de mes cheveux ! Une minute de perdu et enfin j'arrive à mettre mes chaussures!!! OUFFFF!

Les deux dernières éditions, je me suis fais doubler sur ce dernier parcours à pied...une fois pour la gagne à 3 Kms de l'arrivée et une fois pour la deuxième place... ça monte, ça descend et mon avantage maintenant, c’est que j’ai appris à me relâcher dans les descentes. Je peine un peu en montant, toujours sans force mais dés que ça descend je reprends mon allure et c’est parti. A la fin de la première boucle, je croise mes adversaires. Isabelle Ferrer, cinq fois Vice Championne de France a doublé Sylvie et elle a une très bonne allure a pied. Je m'attends presque à ce qu'elle me double.

Tout se jouera au mental....Je me dis : « J’ai déjà fini 2 et 3 ici, si je me fais doubler il faudrait refaire tout ce que j’ai fait cette année comme effort pour me préparer et j'ai trop donné, j’ai envie de gagner »

Je ne suis pas à l'aise mais je continue en essayant d'être unie dans mon effort. Je suis au bout de la deuxième boucle, km 7....presque sure qu’Isabelle va me doubler. On m’a dit qu'elle était à 1 minute et quelqu'un d'autre m’a dit qu'elle était à 2'40 et que je pouvais me relâcher. J’ai fait le contraire car je n'étais pas sure du tout... Je fonce et enfin je vois un panneau 1 Km.

Je me retourne, peur de voir Isabelle m'arriver dessus comme un flèche mais elle n'est pas en vue. Je fonce. Quelqu'un me dit de tirer sur mes bras pour que j'avance... j'ai l'impression que les derniers 400 m sont 40 Kms... le tapis rouge... je passe le banderole de l'arrivée ! OUFFFF!!!! Ça m’a pris trois ans pour gagner le Val d'Aran et ça restera une des plus belles lignes de mon palmarès !